Au Venezuela, on déplace encore des pierres à mains nues, à la recherche de ses proches disparus.
Je suis submergée par un sentiment d’impuissance.
La semaine dernière, en marchant du Quartier latin à Maruzen,
il m’a semblé entendre Toshi répondre aux questions de Sanae.
Ils parlaient d’activités communautaires.
C’était une conversation très intéressante, mais je n’ai pas l’énergie de me consacrer à aider les autres.
C’est dommage.
En y repensant, je me souviens que Toshi parlait de la forme des racines de lotus.
La beauté des légumes, la diversité de leurs couleurs et de leurs formes
est aussi impressionnante que celle des fleurs.
La coupe transversale du komatsuna
(un épinard moutarde japonais)
ressemble étonnamment à une rose.
J’ai fait de la plongée avec tuba dans l’océan à quelques reprises.
C’est une activité simple, même pour les enfants,
mais la beauté de la vie marine était vraiment incroyable.
J’avais l’impression de n’avoir vu que la moitié du monde.
Pour être honnête, je n’aime pas particulièrement les insectes,
mais je me suis toujours demandé pourquoi
ils ont tous des couleurs et des motifs si différents.
On dirait des poissons des mers du Sud.
Dieu doit certainement avoir une affection particulière
pour tous les êtres vivants.
Philippe a essayé de faire pousser des herbes aromatiques.
Quelle bonne idée !
Mais finalement, il a fini par élever des papillons, n’est-ce pas ?
Quel dommage !
En parlant de papillons, le film
Mayerling(titre original : Fleeting Love)
est un mélodrame inspiré d’une histoire vraie,
et les papillons y jouent un rôle important.
Cette tragique histoire d’amour, qui se déroule à la fin du XIXe siècle,
utilise le deuxième mouvement du Concerto pour piano n° 21 en do majeur, K. 467 de Mozart.
L’histoire se termine tragiquement.
Contrastant avec la mélodie gracieuse de Mozart,
la fin est d’une douleur déchirante.
Réalisant que son amour pour Marie ne serait jamais réciproque,
Rudolf lui tire dessus puis se suicide.
Marie et Rudolf, tous deux vêtus de blanc,
sont assis à l’ombre d’un arbre.
Rudolf est incapable de tirer sur Marie.
Soudain, un papillon se pose.
Marie se lève, comme pour le poursuivre.
À cet instant, un coup de feu retentit,
et l’image d’une femme tendant la main vers le papillon
se fige sur l’écran, telle une peinture.
C’est aussi beau qu’un tableau de Renoir.
Puis, un autre coup de feu retentit sur l’écran toujours figé.
J’ai été submergée par un profond sentiment de mort et de séparation.
La nature est à la fois belle et terrifiante.
Les Vénézuéliens ensevelis sous les décombres –
chacun avec un nom, chacun avec des rêves.
Malheureusement, il est probable que certaines personnes
voient leur arbre généalogique s’éteindre.
C’est vraiment regrettable et tellement triste.
Jeudi 20
13h15
Fait en classe
Conversation.
Mercredi 12 août : "Soudain" sort en France.
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« Le fait de répéter permet au corps de s'imprégner » Okamoto Tao.
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Devoirs
Exercices 34, 35, 36, 37 page 48.
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Je cherche une personne qui soit capable de regarder la société japonaise comme si elle la découvrait pour la première fois.
Subjonctif dans une proposition subordonnée relative introduite par qui, après le verbe chercher. La personne recherchée n’est pas encore identifiée : ses caractéristiques sont hypothétiques.
Je voudrais quelqu’un qui ait étudié le cinéma à l’étranger pour que son regard se confronte à d’autres traditions.
Le subjonctif apparaît après un verbe de volonté, ici vouloir. Dans la subordonnée introduite par pour que, on emploie aussi le subjonctif parce qu’il s’agit d’un but.
Je souhaite que ce réalisateur soit assez audacieux pour imposer des personnages qui paraissent excessifs.
Après souhaiter que, le verbe se met au subjonctif. Dans la relative des personnages qui paraissent excessifs, le locuteur ne décrit pas des personnages déjà connus ; il imagine les qualités qu’il veut trouver.
Il faudrait enfin que ce soit la seule personne qui puisse révéler une violence latente que personne ne voulait voir.
Le subjonctif s’emploie après il faudrait que. Il s’emploie aussi dans la relative après la seule personne, car notre manuel rappelle qu’on met le verbe au subjonctif après un superlatif ou après des expressions comme le/la seul(e) et l’unique.
Je cherche une personne qui corresponde à toutes ces caractéristiques rares pour que l’on reconnaisse qu’il s’agit du réalisateur japonais Masumura.
Le subjonctif dans qui corresponde s’explique encore par la relative après chercher : on vise un profil recherché, non une personne déjà présentée comme certaine. Dans pour que l’on reconnaisse, le subjonctif exprime la finalité.
Exercice 32 page 47.
Au premier plan, on voit deux hommes assis face à face à des tables dans ce qui ressemble à un café ou un restaurant.
L'homme à droite a des modifications corporelles, des tatouages colorés et des implants faciaux qui lui donnent l'apparence d'une créature fantastique, peut-être un démon. Il porte une chemise à motifs et des lunettes à monture ronde, et ses mains se touchent comme s'il était en pleine conversation ou en train de réfléchir.
L'homme à gauche, avec une barbe et une coupe de cheveux courtes, est vu de profil et semble écouter l'autre personne. Il porte un t-shirt imprimé et a les bras croisés. Une bouteille de Coca-Cola se trouve sur sa table.
L'arrière-plan est sombre, avec des murs vert foncé et un grand miroir réfléchissant un lustre doré et d'autres personnes. Une toile abstraite aux couleurs vives est visible dans le coin supérieur droit. Une ambiance chaleureuse et feutrée se dégage de la scène, comme si on assistait à un moment intime entre les deux personnes.
Blog
Kumi raconte son séjour à Paris. Épisode 1.
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Kumi raconte son séjour en Gascogne. Épisode 12.
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Devoirs
Exercices 32, 33 page 47.
Sanaé
La révision du Code de la famille impériale
Le Code de la famille impériale a été adopté le 17 juillet, sans débats suffisants, afin de respecter le calendrier de la session de la Diète. Bien que de nombreux partis d’opposition s’y soient opposés, le parti au pouvoir, bénéficiant d’une majorité écrasante, a imposé son adoption.
À ce propos, l’article premier de la Constitution du Japon stipule : « L’Empereur est le symbole de l’État japonais et de l’unité du peuple japonais, et cette position repose sur la volonté générale du peuple japonais, détenteur de la souveraineté. » Mais que signifie « la volonté générale » ? Elle désigne la volonté de l’ensemble des Japonais, détenteurs de la souveraineté. Or, alors que 70% de la population soutient l’idée d’une impératrice et que de nombreux partis d’opposition s’y opposent, cette révision ne peut pas être qualifiée de « volonté générale » et peut être considérée comme une violation de l’article premier de la Constitution.
Quels sont les points essentiels de cette révision du Code ? Les deux principaux points sont les suivants : les femmes de la famille impériale conservent leur statut après leur mariage, et les hommes issus d’anciennes familles impériales sont accueillis au sein de la famille impériale en tant qu’adoptés. Il ne s’agit pas seulement d’introduire un système d’adoption qui perpétue strictement la lignée masculine : des dispositions visant à écarter durablement les femmes et les empereurs issus de la lignée féminine ont également été incluses. En exploitant le mythe selon lequel la succession au trône par la lignée masculine remonte à plus de 2 600 ans, le gouvernement tente de perpétuer une discrimination à l’égard des femmes.
Ce qui est encore plus surprenant, c’est que cette révision a été réalisée par la première femme Premier ministre du Japon.
En 2014, le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes a formulé une recommandation demandant l’égalité entre les hommes et les femmes dans la succession au trône. Le gouvernement japonais a toutefois vivement protesté contre cette recommandation. Il a justifié sa position en déclarant que la qualification au trône ne fait pas partie des droits fondamentaux, et qu’il n’y a donc pas de discrimination. En d’autres termes, il nie les droits fondamentaux de l’empereur lui-même. De plus, selon la Constitution, l’Empereur n’a pas le droit d’exprimer son opinion, même sur cette question.
En cas d’adoption, le couple adoptif se retrouvera soumis à une forte pression pour donner naissance à un fils. Leur rôle risque alors de se réduire à celui d’un instrument destiné à fournir un héritier mâle. Quelle idée anachronique. Par ailleurs, les membres de la famille impériale n’ont ni liberté de choix de profession ni liberté de mouvement : leur vie privée est surveillée, et ils vivent comme des oiseaux en cage, privés de leurs droits fondamentaux.
Mais comment le chapitre 1 de la Constitution, intitulé « L’Empereur », a-t-il vu le jour ? Après la Seconde Guerre mondiale, qui était une guerre contre le fascisme, Mussolini a été exécuté en Italie, Hitler s’est suicidé en Allemagne, tandis que le Japon a été le seul pays à faire porter la responsabilité aux dirigeants militaires. L’empereur Hirohito n’a pas assumé ses responsabilités. On explique souvent cela par le fait que les forces d’occupation ont voulu maintenir l’institution impériale pour faciliter la gouvernance du pays. C’est ainsi que le chapitre 1 « L’Empereur » a été inséré dans la Constitution, comme un élément en décalage avec le préambule, pourtant très idéaliste. Ce choix a permis une certaine stabilité, mais il a aussi laissé une distorsion durable dans la société japonaise.
Aujourd’hui, la réduction du nombre de députés fait l’objet de débats au Parlement. Officiellement, il s’agit de réduire les dépenses, mais on peut supposer que l’objectif réel est d’affaiblir les minorités d’opposition. En 2024, environ 14 milliards de yens ont été consacrés aux salaires des parlementaires. En comparaison, le maintien de l’institution impériale a coûté environ 30,4 milliards de yens pour seulement seize personnes, y compris les frais de la police du palais impérial. Combien de citoyens en sont réellement conscients ?
En réfléchissant à tout cela, il semble nécessaire d’engager une véritable discussion nationale incluant l’institution impériale elle-même, plutôt que de se limiter à une réforme superficielle du Code de la famille impériale.
Jeudi 6
13h15
Fait en classe
Conversation.
Renoir : les pieds sur terre ?
On peut dire que Renoir a les pieds sur terre, surtout si on pense à un peintre très attentif à la vie de tous les jours, à des scènes simples et ordinaires comme des ouvriers, des danseuses, des bourgeois en promenade ou des enfants, et à un artiste qui, même dans l’impressionnisme, reste réaliste : ses touches sont libres, mais il respecte bien la forme des corps, des visages et des objets.
Il est donc réaliste et pragmatique dans son rapport au monde : il peint ce qu’il voit et ce qu’il vit, sans choisir des sujets trop abstraits ou trop idéalisés.
Mais il est aussi un peintre de la joie et de la lumière
Si « avoir les pieds sur terre » veut dire être réaliste et très pragmatique, alors la réponse est plus nuancée. On décrit souvent Renoir comme un peintre de la joie, de la sensualité et de la beauté, quelqu’un qui cherche à capturer la lumière, la chaleur humaine et le mouvement, plutôt que de faire une analyse froide de la réalité.
Il y a un mois : angliscisme
Avoir la chance de / avoir l’occasion de : bien les distinguer
Avoir la chance de s’emploie quand on insiste sur la bonne fortune, le fait que quelque chose de positif arrive.
Avoir l’occasion de s’emploie quand on insiste sur la possibilité concrète de faire quelque chose, sur l’existence d’une situation favorable.
Exemples :
- J’ai eu la chance de rencontrer un grand écrivain. = c’était un heureux hasard.
- J’ai eu l’occasion de rencontrer un grand écrivain. = j’ai eu la possibilité de le rencontrer.
En résumé :
- chance = idée de hasard heureux.
- occasion = idée d’opportunité, de possibilité.
Il y a un mois : adjectifs possessifs
Ses / leur / leurs : bien les distinguer
Ses s’emploie quand le possesseur est une seule personne ou quand on parle d’un seul ensemble de choses possédées par cette personne.
Leur / leurs s’emploie quand le possesseur est plusieurs personnes.
Exemples :
- Il a perdu ses clés.= une personne, plusieurs clés.
- Ils ont perdu leurs clés.= plusieurs personnes, plusieurs clés.
Point important :
- leur est singulier : un objet par personne ou un objet possédé par un groupe.
- leurs est pluriel : plusieurs objets.
Exemples :
- Ils ont oublié leur passeport.= un passeport par personne, ou un passeport pour le groupe.
- Ils ont oublié leurs passeports.= plusieurs passeports.
En résumé :
- ses = à lui / à elle
- leur / leurs = à eux / à elles
Devoirs
Pas de devoirs ! Bonne vacances d'Obon !
Écouter l'entretien avec Raphaël.
Entretien avec Raphaël (1/4) : Bonjour
Entretien avec Raphaël (2/4) : Comment tu t'appelles ?
Entretien avec Raphaël (3/4) : Tu es français ?
Entretien avec Raphaël (4/4) : Où est-ce que tu habites ?
À suivre...
La mort
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Réviser les métaphores apprises au printemps. Cliquer ICI.
Yuriko
Exercices 32 et 33 page 47
Tout d’abord, je n’ai pas vraiment d’idée précise de ce que pense l’homme sur la photo. Il dit vouloir repousser ses limites, mais de quelles limites s’agit-il exactement ? Je crois que le choix des vêtements relève de la liberté individuelle. Cependant, dans la vie quotidienne, je tiens aussi à respecter les coutumes afin de ne froisser personne.
À mon avis, le corps et le style vestimentaire peuvent effectivement remettre en question certaines normes et conventions. Ils peuvent permettre à chacun d’exprimer sa personnalité, mais aussi accompagner les changements de la société.
Ce qui me frappe d’emblée, c’est la tenue de Seiji Ozawa lorsqu’il dirige. Au lieu de porter un smoking et un nœud papillon, il dirige en chemise. Il s’éloigne ainsi du code vestimentaire traditionnel du chef d’orchestre, sans perdre pour autant son autorité ni son élégance.
Cette tenue semble même donner à ses interprétations une énergie communicative.Cet exemple montre qu’il est possible de remettre en question une convention sans chercher nécessairement à provoquer.
L’exemple de Coco Chanel est également très intéressant. Elle a contribué à libérer les femmes des vêtements contraignants, comme les corsets et les jupes longues, en leur proposant des tenues plus confortables et plus pratiques.
Elle s’est inspirée de certains éléments des vêtements masculins et a utilisé des matières souples, comme le jersey et le tweed, pour créer des robes et des tailleurs permettant une plus grande liberté de mouvement.
Grâce à ces changements, les femmes ont pu adopter un mode de vie plus actif. Les vêtements ne servaient donc plus seulement à respecter les conventions sociales : ils devenaient aussi un moyen de transformer la place des femmes dans la société.
Le style vestimentaire pouvait ainsi accompagner leur émancipation.
On peut également observer cette évolution dans la vie quotidienne. Cet été, à Paris, peut-être à cause de la canicule, beaucoup de femmes portaient des hauts qui ressemblaient à des sous-vêtements, avec des pantalons.
Dans le passé, ce type de tenue aurait peut-être été considéré comme inconvenant. Aujourd’hui, il est davantage accepté. Dans ce cas, la remise en question des normes vestimentaires ne vise pas forcément à provoquer.
Elle peut aussi répondre à la recherche de confort et à la nécessité de s’adapter aux circonstances.
Pour ma part, même si je pense qu’un état naturel et sain du corps est souhaitable, je ne cherche pas nécessairement à rejeter les codes vestimentaires établis. Ce qui importe pour moi, c’est surtout de me sentir libre dans mon corps et dans mon esprit.
Le vêtement peut donc être un moyen de s’exprimer, de s’adapter à son environnement et parfois de faire évoluer les normes sociales.
Sugako
À bout de souffle.
Bonjour à tous,
Dimanche, j’ai vu le film À bout de souffle de Jean-Luc Godard. À sa sortie, ce film a profondément bouleversé le public.
Le titre japonais, Katte ni shiagare, a été proposé par Hata Sahoko, une employée d’un distributeur de films japonais qui avait alors vingt-huit ans.
Après avoir regardé vingt minutes du film, elle a été immédiatement fascinée, notamment par les images de Raoul Coutard, le directeur de la photographie.
Hata Sahoko a ensuite décidé de se rendre en France. Elle a acheté les droits de distribution du film afin de le faire connaître au Japon.
À cette époque, cette décision a suscité de nombreuses objections. Tout d’abord, Hata Sahoko était une jeune femme sans expérience. De plus, le film était très novateur pour son époque.
Le héros, Jean-Paul Belmondo, n’avait pas particulièrement de charme et son visage ne correspondait pas forcément aux goûts du public japonais.
Mais Hata Sahoko a réussi à imposer son choix.
Bravo ! Quelle énergie !
Grâce à elle, la Nouvelle Vague française a déferlé sur le Japon.