20h20
Oui, le français est un instrument de musique pour moi. C'est le sentiment que j'ai depuis longtemps, depuis, tout compte fait, le début de mon apprentissage. Pour devenir un bon instrumentiste, il faut de la discipline, je dirais même le sens de l'ascèse. Et c'est ce que je dis à mes étudiants aujourd'hui : maîtriser le français, c'est en jouer comme jouer du violon ou du piano. »
C'est par la musique que cette langue est entrée dans mes oreilles, dans mon corps tout entier. J'ai abordé le français grâce aux leçons diffusées à la radio, le contact avec cette langue a d'abord été sonore, presque charnel. ».
Chez un bon musicien, l'instrument fait partie de son corps. Eh bien, le français doit faire partie de son corps chez un locuteur qui choisit de s'exprimer en français ».
Un peu comme Antoine Doinel qui, dans Baisers volés, répète indéfiniment son nom et celui des femmes qu’il aime devant le grand miroir de la salle de bains.».
Le temps des cerises.
Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur
Seront tous en fête !
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux, du soleil au cœur !
Quand nous chanterons le temps des cerises,
Sifflera bien mieux le merle moqueur !
Mais il est bien court, le temps des cerises
Où l’on s’en va deux, cueillir en rêvant
Des pendants d’oreilles…
Cerises d’amour aux roses pareilles,
Tombant sous la feuille en gouttes de sang…
Mais il est bien court, le temps des cerises,
Pendants de corail qu’on cueille en rêvant !
Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d’amour,
Évitez les belles !
Moi qui ne crains pas les peines cruelles,
Je ne vivrai point sans souffrir un jour…
Quand vous en serez au temps des cerises,
Vous aurez aussi des peines d’amour !
J’aimerai toujours le temps des cerises :
C’est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte !
Et dame Fortune, en m’étant offerte,
Ne pourra jamais fermer ma douleur…
J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur !
J.-B. Clément.
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20h20
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Page 118 (vocabulaire).
La Carriole du père Junier (8'20) au musée de l'Orangerie à Paris.
L'introduction

I. De quoi parle cette introduction ?
L'introduction du film se passe dans le musée de l'Orangerie, à Paris. C'est un lieu très spécial : il contient les grands tableaux de Monet, les Nymphéas. Monet a voulu créer ici un espace calme, pour que les visiteurs puissent regarder ses tableaux tranquillement et oublier le bruit du monde.
Mais dans le film, ce lieu calme est envahi par une équipe de tournage, des caméras, des ordinateurs et des téléphones intelligents (smartphones). Klapisch nous montre ainsi une question importante : qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui avec l'art du passé ?
II. Comment Klapisch filme cette scène ?
1. Des regards dans des regards
Dans cette scène, il y a plusieurs façons de regarder en même temps. D'abord, le tableau de Monet. Ensuite, la caméra de tournage qui filme la jeune femme. Puis l'écran de l'ordinateur où le groupe regarde les images. Et enfin les smartphones des visiteurs qui prennent des photos.
Chaque nouvelle façon de regarder éloigne un peu plus du tableau original. C'est comme si on regardait un miroir dans un miroir.
2. La femme devant le tableau
La jeune femme en robe claire, placée devant les Nymphéas, ressemble à un personnage dans un tableau. Mais elle n'est pas là pour regarder l'œuvre : elle est là pour être filmée. L'art devient ainsi un décor pour une publicité ou une vidéo de mode.
3. Les sons contre le silence
Le musée est généralement un lieu plutôt silencieux. Mais dans le film, on entend des voix jeunes et rapides, des mots techniques, des anglicismes. Ce contraste entre le silence du musée et le bruit de l'équipe crée une tension.
Les sons disent ce que les images montrent : le monde moderne a envahi l'espace de l'art.
4. On entre directement dans l'action
Klapisch ne présente pas les personnages de façon classique. On arrive directement dans la scène, comme si on observait quelque chose de réel, presque comme un documentaire. Cela donne l'impression que cette situation existe vraiment, partout, dans tous les musées aujourd'hui.
III. Les grandes questions du film
1. L'art peut-il être retouché ?
Quand un personnage dit « Tu veux pas plutôt changer les couleurs du tableau ? », il parle du chef-d'œuvre de Monet comme d'une simple image sur un ordinateur. Le philosophe Walter Benjamin avait expliqué qu'une œuvre d'art perd quelque chose d'unique quand on la reproduit.
Ici, on va encore plus loin : on envisage de la modifier. L'œuvre n'est plus sacrée, elle devient un outil.
2. Un siècle de distance
Monet a offert ses Nymphéas à la France en 1922, après la guerre, comme un cadeau de paix et de beauté. Le musée a été construit spécialement pour ces tableaux : deux salles ovales, une lumière douce venant du plafond, pas de coins, pas de bruit. Tout était pensé pour créer une expérience unique et calme.
Cent ans plus tard, des jeunes entrent avec leurs casques sur les oreilles et leurs smartphones à la main. L'espace de paix devient un lieu de travail et de production d'images.
3. Une nouvelle génération face à l'art
Les jeunes personnages du film ne méprisent pas l'art. Mais ils l'utilisent comme une ressource, un décor, un fond pour leur travail créatif. Pour eux, le musée est un lieu pratique, pas un temple.
Tout devient un contenu, un projet, une collaboration.
4. La « collab » : quand l'art rencontre la mode
Le mot « collab » résume bien cette introduction. Aujourd'hui, les marques de mode, les artistes et les musées travaillent souvent ensemble. C'est intéressant, mais cela pose aussi une question éthique : jusqu'où peut-on utiliser le patrimoine artistique pour faire de la publicité ?
Conclusion
En quelques plans (images) seulement, Klapisch pose des questions très profondes : que faisons-nous de l'art aujourd'hui ? Comment regardons-nous les œuvres du passé ? Qu'est-ce que la culture numérique a changé dans notre rapport à la beauté ?
Il ne répond pas directement. Il montre, avec humour et légèreté, une scène ordinaire dans un musée extraordinaire.
Le dialogue
— Ya assez moi ?
— C'est-à-dire ?
— C'est pas trop loin, on voit pas trop le tableau. Non ?
— Bah, on le voit, mais on te voit bien quand même. T'en fais pas.
— OK.
— C'est top Leslie.
— Ouais ?
— Ouais, super.
— OK, vas-y, lance la choré.
— C'était super là.
— Ouais, très bien.
— Ouais ?
— Ouais.
— Ouais. Tu veux voir ? Tu peux mettre le retour, Théo, s'il te plaît ?
— Ouais, on va, on va le mettre.
— Non, mais la robe est magnifique. Cette année, notre collection est géniale, les couleurs sont ouf.
— Hmm.
— Et le make-up, et les couleurs.
— Hmm.
— Il y a juste un truc, je trouve que le jaune de la robe, il va pas trop avec les couleurs du tableau.
— Après, moi je peux changer la couleur à l'étalonnage de la robe, hein.
— Ah non non, on peut pas faire ça.
— Non, c'est une collab.
— Ouais.
— Tu veux pas plutôt changer les couleurs du tableau ?
— Ah bah super idée.
— Ah bah ouais.
— Ouais.
— OK.
— Ouais.
— Super.
— C'est ça.
Le vocabulaire
Réplique du film (oral)
Propositions en français écrit standard
Ya assez moi ?
Je suis assez présente sur l'image ? / Il y a assez de moi sur l'image ? / Je suis suffisamment visible ?
C'est à dire ?
C'est à dire ?
C’est pas trop loin, on voit pas trop le tableau. Non ?
Ce n’est pas trop éloigné, on ne voit pas très bien le tableau, n’est‑ce pas ?
Bah, on le voit, mais on te voit bien quand même. T’en fais pas.
On voit le tableau, mais on te voit bien aussi. Ne t’inquiète pas.
OK. C’est top Leslie.
D’accord. C’est très bien, les filles.
Ouais, c’est parfait.
Oui, c’est parfait.
OK, vas‑y, lance la choré.
D’accord, vas‑y, commence la chorégraphie.
C’était super, là.
Ce que tu viens de faire était très bien.
Ouais, très bien.
Oui, c’est très bien.
Tu peux mettre le retour, Théo, s’il te plaît.
Tu peux afficher le retour vidéo, Théo, s’il te plaît ?
Ouais, on va on va le mettre.
Oui, on va l’afficher.
La robe est magnifique. Cette année, notre collection est géniale, les couleurs sont ouf.
La robe est magnifique. Cette année, notre collection est excellente, les couleurs sont très réussies.
Et le make‑up et les couleurs.
Le maquillage et les couleurs aussi sont très réussis.
Il y a juste un truc, je trouve que le jaune de la robe, il va pas trop avec les couleurs du tableau.
Il y a seulement un point : je trouve que le jaune de la robe ne s’accorde pas très bien avec les couleurs du tableau.
Après, moi je peux changer la couleur à l’étalonnage de la robe, hein.
Ensuite, je peux modifier la couleur de la robe au moment de l’étalonnage (en post‑production).
Ah non non, on peut pas faire ça.
Ah non, nous ne pouvons pas faire cela.
Non, c’est une collab.
Non, c’est une collaboration (avec la marque / le musée).
Tu veux pas plutôt changer les couleurs du tableau ?
Tu ne préfèrerais pas modifier les couleurs du tableau, plutôt ?
Ah bah super idée.
Très bonne idée.
Ouais. OK. Super.
Oui. D’accord. C’est très bien.
C’est ça.
C’est bien cela.
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20h20
Le passif.
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Mé qué, mé qué par Gilbert Becaud.
Mé qué, mé qué, mais qu'est-ce que c'est ?
Une histoire de tous les jours.
Mé qué, mé qué, mais qu'est-ce que c'est ?
Peut-être la fin d'un amour.
Le navire est à quai,
Y a des tas de paquets,
Des paquets posés sur le quai, là.
Dans un petit troquet
D'un port martiniquais
Une fille belle à croquer, là,
Pleure dans les bras d'un garçon de couleur,
Car il s'en va et lui brise son coeur.
Elle, dans un hoquet,
Lui tendant son ticket,
Lui dit: "Chéri, que tu vas me manquer!"
Mé qué, mé qué, mais qu'est-ce que c'est ?
Une histoire de tous les jours.
Mé qué, mé qué, mais qu'est-ce que c'est ?
Peut-être la fin d'un amour.
Les paquets embarqués,
Le bateau remorqué
Lentement a quitte le quai, là.
Ne soyez pas choqués,
N'allez pas vous moquer
De ce que je vais expliquer, là.
Regardant au port son bel amour à terre,
Pris de remords, il plongea dans la mer.
Devant ce coup risqué
Par l'amour provoqué,
Les requins en restèrent interloqués.
Mé qué, mé qué, mais qu'est-ce que c'est ?
Une histoire de tous les jours.
Mé qué, mé qué, mais qu'est-ce que c'est ?
C'est le début d'un nouveau jour
Qui est fait pour durer toujours,
Car l'amour vient pour retrouver l'amour.
Akihiro Miwa dans Le Monde du 30 juin 2026.
À la sortie d'un match.
À la sortie d'un spectacle.
Une ville, une voix : Nantes par Raphaël
Jouer - À la sortie d'un spectacle.
Écouter et répéter à haute voix le vocabulaire page 120.
Exprimer l'admiration. À la sortie d'un spectacle.
Apprendre la nouvelle métaphore. Cliquer ICI.
Réviser les métaphores apprises au printemps. Cliquer ICI.
20h20
Après un match.
La cause.
Page 120 (manières de dire).
1. « C’est extraordinaire ! / Merveilleux ! »
« Extraordinaire » veut dire que c’est quelque chose de très spécial, pas normal, qu’on ne voit pas tous les jours.
« Merveilleux » montre qu’on est très ému et très content, par exemple devant un beau spectacle, une belle soirée ou un beau paysage.
Ce sont des phrases exclamatives assez fortes, mais on les utilise souvent pour parler d’un spectacle, d’un concert ou d’un voyage.
2. « Je le/la/les trouve fantastique(s), fabuleux, splendide(s) ! »
« Fantastique » est un mot très courant à l’oral, proche de « super », « vraiment très bien ».
« Fabuleux » est encore plus fort, presque comme « incroyable », pour quelque chose de très rare et très spécial.
« Splendide » insiste sur la beauté : par exemple la mise en scène, les costumes, le décor ou le paysage.
Ici, on parle d’une personne ou d’un spectacle, et on donne son opinion personnelle avec « je le/la/les trouve… ».
3. « C’est génial ! »
On utilise « C’est génial ! » très souvent à l’oral, surtout chez les jeunes, du français familier ou courant.
C’est une expression assez générale : on peut l’utiliser pour un spectacle, un film, mais aussi pour une idée ou une situation (par exemple : « C’est génial d’avoir des billets gratuits ! »).
Par rapport à « C’est extraordinaire ! », c’est moins sérieux et plus quotidien, plus spontané.
4. « Il/elle joue très bien, il chante très bien, il danse remarquablement bien ! »
Cette phrase décrit plus précisément ce que la personne fait : son jeu d’acteur, son chant, sa danse.
« Très bien » est une appréciation neutre, alors que « remarquablement bien » veut dire « tellement bien que tout le monde le remarque ».
C’est une façon de parler moins émotionnelle que « C’est génial ! » et plus proche d’une évaluation du niveau.
5. « Quel talent ! »
Ici, on met l’accent sur la qualité de l’artiste, sur ce qu’il sait faire.
On dit souvent cette phrase après avoir vu tout ce qu’il peut faire : chanter, danser, jouer la comédie, etc.
C’est une expression assez fréquente, naturelle, ni trop familière ni trop soutenue.
6. « C’est du génie ! »
C’est un très haut niveau d’admiration, plus fort encore que « Quel talent ! ».
On ne parle plus seulement d’une bonne compétence, mais de « génie », c’est-à-dire une créativité et une intelligence exceptionnelles.
On l’utilise pour une idée, une mise en scène ou une interprétation vraiment spéciale et originale, mais il ne faut pas l’utiliser trop souvent, sinon elle perd sa force.
7. « Quelle perfection ! »
On veut dire qu’il n’y a aucun défaut : tout est fait exactement comme il faut, très bien contrôlé.
On admire surtout la qualité technique et la précision, plus que l’émotion.
On utilise cette expression pour des spectacles très bien préparés, des numéros techniques ou une performance sans aucune erreur.
La métaphore : À la guerre comme à la guerre.

Les Invalides sont un grand monument à Paris, construit au XVIIe siècle sous le roi Louis XIV.
À l’origine, ce lieu servait d’hôpital et de maison pour les soldats blessés ou âgés.
Aujourd’hui, les Invalides sont surtout connus pour leur grand dôme doré, visible de loin dans la ville.
Sous ce dôme se trouve le tombeau de Napoléon Bonaparte, un personnage très important du chapitre 5 de Et vous, comment vivrez-vous ? de Yoshino Genzaburo.
Aux Invalides il y a aussi un musée de l’armée, où l’on peut découvrir des objets, des uniformes et des armes de différentes périodes historiques.
C’est un lieu qui permet de mieux comprendre l’histoire militaire de la France, tout en admirant une belle architecture.
Page 116 (vocabulaire).
Nombres
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