14h00
Lu jusqu'à : « Je marchais dans les rues avec le secret de la nuit du 20 au 21 janvier dans mon corps, comme une chose sacrée. Je ne savais pas si j'avais été au bout de l'horreur ou de la beauté. J'éprouvais de la fierté. Sans doute la même que les navigateurs solitaires, les drogués et les voleurs, celle d'être allés jusqu'où les autres n'envisageront jamais d'aller. C'est sans doute quelque chose de cette fierté qui m'a fait écrire ce récit. ».
14h00
Lu jusqu'à : « Plus tard, en mars, j'ai revu à la bibliothèque Jacques S., l'étudiant qui m'avait accompagnée jusqu'au bus, quand je m'étais rendue pour la première fois chez le gynécologue. Il m'a demandé où j'en étais de mon mémoire. Nous sommes sortis dans le hall. À son habitude il virevoltait autour de moi en parlant. Il allait rendre en mai son mémoire sur Chrétien de Troyes et il se montrait étonné que je commence seulement à travailler. ».
14h00
Lu jusqu'à : « Je ne sais pas quand je suis revenue dans le monde qu'on appelle normal, formulation vague mais dont tous les gens comprennent le sens, c'est-à-dire celui où la vue d'un lavabo étincelant, de la tête des voyageurs dans un train n'est plus une question ni une douleur. J'ai commencé à rédiger mon mémoire. J'ai gardé des enfants le soir et assuré la permanence téléphonique d'un cardiologue pour rembourser peu à peu l'argent de l'avortement. ».
14h00
Lu jusqu'à : « J'allais à la bibliothèque pour travailler mon mémoire, abandonné depuis la mi-décembre. Lire me prenait beaucoup de temps, j'avais l'impression de déchiffrer. »